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La coopération entre le Royaume-Uni, l’Australie et les États-Unis dans le cadre du partenariat de sécurité AUKUS a franchi une étape importante avec l’essai d’un drone sous-marin contrôlé à distance. Le projet, qui vise à tester l’interopérabilité et l’utilisation de systèmes autonomes, a permis de démontrer la capacité du Royaume-Uni à contrôler son Extra-Large Uncrewed Underwater Vehicle (XLUUV), baptisé Excalibur, depuis l’Australie, malgré une distance de plus de 16 000 kilomètres. Cet essai constitue un jalon significatif dans le développement des technologies navales non habitées et préfigure l’avenir de la guerre sous-marine autonome.
Un drone sous-marin de 12 mètres
Excalibur, le premier XLUUV de la Royal Navy, a été dévoilé lors d’une cérémonie de baptême à la base navale de HMNB Devonport. Ce drone sous-marin de 12 mètres de long a été construit dans le cadre du projet Cetus, sur une période de trois ans. Construit par MSubs, une entreprise spécialisée dans les submersibles autonomes, Excalibur est la plus grande plateforme sous-marine non habitée testée par la flotte britannique.
Avec une endurance de mission pouvant atteindre 1 600 kilomètres, Excalibur est capable de plonger plus profondément que les sous-marins habités de la Royal Navy. Cependant, il n’est pas destiné à un déploiement de combat. Il servira plutôt de plateforme de test pour le développement de tactiques et de exigences techniques en vue de l’intégration des systèmes non habités dans les futures opérations navales.
Selon le contre-amiral James Parkin, Excalibur joue un rôle crucial dans la préparation de la flotte à une ère d’autonomie. « C’est un jour excitant pour la Royal Navy, les forces armées britanniques et mon équipe », a-t-il déclaré lors du dévoilement du navire plus tôt cette année.
Opérable à plus de 16 000 kilomètres
Un des aspects notables de l’essai d’Excalibur est sa capacité à être contrôlé à distance depuis l’Australie, alors qu’il était immergé dans les eaux britanniques. Commodore Marcus Rose, directeur adjoint de la capacité des espaces de bataille sous-marine, a souligné que le programme Excalibur accélérera la compréhension des grands véhicules sous-marins non habités.
Les essais à venir permettront de développer rapidement la compréhension des opérations de ces grands véhicules non habités. Les leçons apprises renforceront la base de connaissances existante, favorisant ainsi la transition vers une force mixte.
En outre, le programme AUKUS Pillar II, qui met l’accent sur des technologies avancées telles que l’intelligence artificielle et les systèmes autonomes, considère les véhicules sous-marins non habités comme essentiels pour les stratégies futures de dissuasion et de guerre.
Expérimentations et innovations
Le nom Excalibur s’inspire de la tradition navale britannique, faisant référence à l’épée légendaire du roi Arthur et à un sous-marin expérimental de l’époque de la guerre froide. Cette dénomination symbolise un mélange de patrimoine et d’innovation. Excalibur est actuellement un démonstrateur plutôt qu’une arme déployable, mais sa capacité à se lier à travers les continents avec des forces alliées souligne le progrès rapide de l’intégration de l’autonomie dans la guerre sous-marine.
La Royal Navy rejoint ainsi une liste croissante de marines expérimentant des plateformes non habitées de grande taille. Les analystes estiment que ces plateformes pourraient à terme étendre la portée des flottes de sous-marins, effectuer une surveillance persistante ou opérer comme leurres et atouts de frappe dans des environnements à haut risque.
Perspectives pour l’avenir
Le programme Excalibur s’inscrit dans un contexte de compétition entre grandes puissances pour étendre leurs capacités sous-marines. Les essais menés dans le cadre de l’exercice Talisman Sabre en juillet ont marqué la première démonstration d’interchangeabilité des XLUUVs entre le Royaume-Uni et l’Australie, renforçant ainsi la cohésion des forces alliées dans le Pacifique.
Le développement d’Excalibur intervient à un moment où les grandes puissances cherchent à accroître leurs capacités sous-marines. Alors que les États-Unis testent leur Orca XLUUV et que l’Australie poursuit son programme Ghost Shark, ces initiatives montrent l’importance croissante des plateformes autonomes dans les stratégies navales modernes.
À mesure que les essais de l’Excalibur se poursuivent, de nombreuses questions restent en suspens. Comment ces technologies autonomes changeront-elles la dynamique des opérations navales à l’avenir ? Les forces armées seront-elles prêtes à intégrer pleinement ces systèmes dans leurs structures opérationnelles ?






