Science

« Record mondial dans un labo chinois » : un champ magnétique 700 000 fois plus fort que celui de la Terre bouleverse la science

Élise Vandamme Par Élise Vandamme
4 min de lecture
« Record mondial dans un labo chinois » : un champ magnétique 700 000 fois plus fort que celui de la Terre bouleverse la science
Illustration de l'aimant supraconducteur développé par l'Institut de physique des plasmas de Hefei, établissant un nouveau record mondial.
EN BREF
  • La Chine établit un record mondial avec un champ magnétique de 351 000 gauss.
  • Cette avancée impacte la fusion nucléaire et la propulsion spatiale.
  • Le projet a été réalisé par l’Institut de physique des plasmas de Hefei.
  • La Chine devient un acteur clé dans la supraconductivité mondiale.

Le 30 septembre 2025 marque une avancée décisive dans le domaine des champs magnétiques. Un laboratoire chinois a atteint un nouveau record avec un champ magnétique de 351 000 gauss, soit 35,1 teslas. Ce résultat, obtenu grâce à un aimant supraconducteur innovant, pourrait transformer des secteurs clés comme la fusion nucléaire, la propulsion spatiale et la lévitation magnétique. Alors que la Terre génère un champ magnétique d’environ 0,5 gauss, cette prouesse montre l’ampleur de l’évolution technologique. Les implications de ce record sont vastes, promettant de nouvelles applications industrielles et scientifiques.

Une prouesse technologique inédite

Le récent record chinois dans le domaine des champs magnétiques met en lumière l’ingéniosité et les avancées des chercheurs de l’Institut de physique des plasmas de Hefei (ASIPP). En générant 35,1 teslas, ils ont non seulement établi un nouveau standard, mais ont aussi démontré la viabilité des aimants supraconducteurs hybrides. Ces dispositifs combinent des circuits à haute et basse température pour maintenir une cohérence électromagnétique sur une durée prolongée.

L’un des aspects les plus remarquables de cette technologie est sa capacité à fonctionner à de très basses températures, conditions nécessaires pour éviter les perturbations électriques et mécaniques. L’implication de l’université Tsinghua et du Centre international de supraconductivité appliquée de Hefei a été déterminante dans ce développement. Avec cette avancée, la Chine se positionne comme un leader dans le domaine, répondant à des besoins industriels croissants avec des solutions plus stables et efficaces.

« Nous construisons un ChatGPT à la Apple » : la firme de Cupertino défie Google avec un outil d’IA révolutionnaire

Applications potentielles révolutionnaires

Le champ magnétique atteint par l’équipe chinoise pourrait révolutionner plusieurs secteurs industriels et scientifiques. Dans le domaine de la fusion nucléaire, ces aimants sont essentiels pour confiner des plasmas à des températures extrêmes. Un champ magnétique stable et puissant est nécessaire pour maintenir le plasma et empêcher les déperditions énergétiques.

En propulsion spatiale, l’utilisation de champs électromagnétiques puissants offre la possibilité d’envoyer des sondes à grande vitesse sans carburant traditionnel. Quant aux trains à sustentation magnétique, ils nécessitent des champs constants pour léviter et se déplacer efficacement. Enfin, le stockage d’énergie et les lignes à haute tension bénéficieraient de supraconducteurs capables de transporter l’électricité sans perte, nécessitant un contrôle magnétique précis.

Les smartphones : évolution technologique et impact sur notre quotidien

Surmonter les défis techniques

Atteindre un tel record n’a pas été sans défis techniques. Les chercheurs ont dû faire face à des problèmes complexes liés aux contraintes mécaniques, aux courants parasites et à la gestion thermique. À des niveaux de champ aussi élevés, les matériaux utilisés peuvent se déformer, ce qui nécessite des solutions innovantes pour stabiliser l’aimant.

L’équipe a réussi à isoler efficacement les circuits indésirables et à renforcer la structure de l’aimant pour résister aux forces extrêmes. La gestion précise de la température, avec des systèmes de refroidissement fonctionnant à -269 °C, a été cruciale pour maintenir la performance de l’aimant. Ces avancées prouvent que la technologie peut surmonter des obstacles considérés jusqu’alors comme insurmontables.

« Ce moteur va tout changer » : l’innovation bicombustible inédite de Dacia et Renault redéfinit l’efficacité énergétique dans l’industrie automobile

La Chine, un acteur clé dans la supraconductivité

Ce record est entièrement « made in China », de la conception à la fabrication des composants critiques. Le pays a démontré sa capacité à maîtriser toute la chaîne de production de ces aimants, sans dépendre d’importations. Cette autonomie technologique renforce sa position dans des projets internationaux majeurs comme ITER, le réacteur de fusion nucléaire en construction en France.

Grâce à cette maîtrise, la Chine joue un rôle crucial dans l’avancement de la fusion nucléaire, fournissant des composants essentiels tels que les bobines magnétiques et les lignes cryogéniques. Ce nouveau record ne fait qu’accroître l’influence chinoise dans le domaine de la supraconductivité et des champs magnétiques extrêmes.

Alors que la Chine continue de repousser les limites de la supraconductivité, une question se pose : comment ces avancées technologiques transformeront-elles concrètement notre quotidien et les industries de demain ?

Cet article s’appuie sur des sources vérifiées et l’assistance de technologies éditoriales.
Élise Vandamme

Informatique, logiciels et infrastructures

Élise Vandamme

Élise Vandamme a travaillé comme ingénieure en traitement du signal dans un laboratoire de recherche public à Lille. Pour EDS.fr, elle suit l'intelligence artificielle, la robotique et les sciences, en distinguant les résultats publiés des annonces commerciales. Elle joue aux échecs en ligne tous les soirs, rarement plus de dix minutes.