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IBM prépare des mainframes compatibles Arm pour rapprocher IA et cloud des données critiques

IBM a présenté un processeur à double architecture pour ses futurs systèmes Z et LinuxONE. L’objectif est d’exécuter des environnements Arm aux côtés des charges IBM Z, tout en conservant les fonctions attendues des plateformes de l’entreprise.

IBM prépare des mainframes compatibles Arm pour rapprocher IA et cloud des données critiques
Professional woman standing confidently in a data center, surrounded by glowing servers. Cette photographie accompagne l’article « IBM prépare des mainframes compatibles Arm pour rapprocher IA et cloud des données critiques ».

IBM prépare une évolution importante de ses futurs mainframes et serveurs LinuxONE : un même processeur doit pouvoir exécuter nativement des instructions IBM Z et Arm. L’annonce vise à faire cohabiter des environnements Linux conçus pour Arm avec z/OS et les applications Linux déjà présentes sur IBM Z. Pour les organisations qui gardent des données et des traitements critiques sur mainframe, l’enjeu est de rapprocher certains logiciels cloud natifs ou d’inférence de ces environnements, sans présenter cette compatibilité comme une migration automatique.

En bref

  • IBM a dévoilé un processeur destiné aux futurs mainframes IBM Z et serveurs LinuxONE, capable d’exécuter des environnements IBM Z et Arm.
  • Chaque cœur doit prendre en charge nativement et simultanément les instructions Arm et IBM Z, sans cœurs Arm séparés.
  • Le composant annoncé doit être gravé en 2 nanomètres, intégrer 11 cœurs à plus de 5,7 GHz, des accélérateurs d’inférence et un DPU.
  • IBM n’a communiqué ni le nom de la machine qui recevra ce processeur ni sa date de disponibilité.

Selon les informations publiées par ZDNET sur le processeur à double architecture d’IBM, il s’agit d’un composant prévu pour de futures générations de systèmes IBM Z et LinuxONE. IBM n’a toutefois annoncé ni le modèle de machine concerné ni le calendrier de disponibilité. Les caractéristiques techniques révélées décrivent donc une architecture en développement, et non un produit déjà déployable.

Une exécution Arm intégrée au cœur du processeur

La particularité de l’approche tient à la conception des cœurs. IBM ne prévoit pas d’ajouter des cœurs Arm distincts à côté de cœurs IBM Z. Chaque cœur du futur processeur doit au contraire pouvoir exécuter, de façon native et concurrente, les instructions Arm et IBM Z. Cette précision différencie le projet d’une simple association de processeurs spécialisés dans une même machine.

Cette double capacité doit permettre de faire fonctionner des environnements Linux natifs pour Arm parallèlement à z/OS et aux applications Linux existantes sur IBM Z. Comme le détaille l’analyse d’InformatiqueNews consacrée à l’architecture duale, IBM présente ce choix comme une exécution native et non comme une émulation. La distinction est essentielle : elle porte sur le jeu d’instructions pris en charge par le processeur lui-même.

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Illustration d’un composant de calcul intégré à une infrastructure informatique. Source: Pexels. Attribution: Júlio Riccó. Licence: Pexels License.

Pour les équipes informatiques, ce changement concerne d’abord la compatibilité d’architecture. Il peut ouvrir la possibilité d’exécuter, dans l’environnement mainframe, des logiciels ou des composants déjà conçus pour Arm. Il ne permet pas pour autant de conclure que toutes les applications seront immédiatement exploitables. Les dépendances aux pilotes, aux middleware, aux certifications et aux services propres à une plateforme restent des paramètres distincts de la compatibilité processeur.

Rapprocher certaines charges modernes des systèmes métier

IBM relie cette évolution à la progression des logiciels cloud natifs et des applications d’intelligence artificielle développés pour Arm. Dans les entreprises qui exploitent IBM Z pour des charges critiques, l’architecture annoncée ouvre la possibilité de faire tourner des logiciels conçus pour Arm sans déplacer les données ou les systèmes métier vers un serveur ou un cloud distinct.

Ce point peut intéresser les environnements où les transactions, les données et les applications historiques sont déjà concentrées sur des plateformes IBM Z. La valeur concrète dépendra néanmoins des applications ciblées, de leur mode de déploiement et des composants nécessaires à leur fonctionnement. La compatibilité Arm ne constitue pas, à elle seule, une réponse aux enjeux de portage, d’intégration ou d’exploitation.

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Illustration d’un environnement serveur destiné à héberger des applications et des données d’entreprise. Source: Pexels. Attribution: Christina Morillo. Licence: Pexels License.

L’annonce s’inscrit dans un mouvement plus large de rapprochement entre infrastructures historiques et pratiques de développement contemporaines. Les entreprises qui suivent les évolutions du cloud et de ses infrastructures y verront surtout une tentative d’élargir les options d’exécution autour du mainframe, sans remplacer l’architecture IBM Z ni les environnements qui en dépendent.

Une puce annoncée avec accélérateurs d’inférence et DPU

Les éléments techniques communiqués par IBM portent sur un processeur gravé en 2 nanomètres, doté de 11 cœurs haute performance cadencés à plus de 5,7 GHz. Le composant doit aussi intégrer des accélérateurs d’inférence pour l’intelligence artificielle, ainsi qu’une unité de traitement des données, ou DPU, dédiée à l’accélération des entrées-sorties.

Les charges Arm doivent en outre conserver l’accès aux capacités des plateformes IBM Z et LinuxONE en matière de détection et de récupération des erreurs matérielles, de chiffrement avancé et de gestion sécurisée des clés. Ce sont des fonctions particulièrement centrales dans les systèmes accueillant des traitements critiques, mais leur comportement pratique avec les futures charges Arm devra être évalué lorsque la plateforme sera disponible.

À ce stade, IBM n’a pas détaillé les performances observables selon les applications, la consommation électrique, les mécanismes de virtualisation, les modalités de licence ou la tarification. Ces inconnues limiteront les comparaisons avec les générations actuelles et les décisions d’architecture. L’annonce fixe une direction technique : faire entrer des environnements Arm dans les futurs systèmes IBM Z et LinuxONE tout en préservant les propriétés attendues de ces plateformes. Les conditions réelles d’adoption restent à préciser.

Photo à la une. Source: Pexels. Attribution: Christina Morillo. Licence: Pexels License.