Mistral Large 4 : Arthur Mensch vise un rattrapage en quelques mois
Le PDG de Mistral affirme que son entreprise est à quelques mois des géants américains après le lancement de Large 4 et un financement de 3 milliards d’euros.
Le jeudi 8 octobre, au micro de France Inter, le PDG de Mistral Arthur Mensch a estimé que son entreprise se trouve à quelques mois des grands acteurs américains de l’IA. Il s’appuie sur Mistral Large 4, présenté mardi, et sur un financement de 3 milliards d’euros révélé en septembre. C’est une déclaration de dirigeant, et les mesures disponibles restent plus limitées que la promesse.
En bref
- Il s’appuie sur Mistral Large 4, présenté mardi, et sur un financement de 3 milliards d’euros révélé en septembre.
- Aucune des sources lues ne compare ce score aux modèles américains : l’écart de quelques mois reste donc une estimation de Mistral.
- Chez Mistral, ajoute-t-il, produire sans signaler cet usage est proscrit.
Ce que Mistral a dévoilé mardi
Mistral Large 4, ou ML4, est surnommé « Chonk ». Le Parisien indique que l’entreprise veut ainsi revenir dans la course face aux acteurs américains et chinois. Selon le communiqué, le modèle a été conçu en Europe, lit le texte comme les images et compte 1 000 milliards de paramètres. Son entraînement a duré deux mois dans les centres de Mistral, avec plus de 160 langues.
Le modèle est dit « open weight ». Le Figaro explique que ses poids, les réglages internes acquis à l’entraînement, sont accessibles et téléchargeables pour l’exécuter sur son propre matériel. Le Parisien nuance : paramètres et architecture seront rendus publics. Le Journal du Geek cite un message d’Artificial Analysis selon lequel ML4 sort en préversion publique de recherche, la publication des poids étant prévue ensuite.
Ce que le patron de Mistral affirme, et ce qui est mesuré
Arthur Mensch parle d’un « saut technologique » : le modèle a reçu beaucoup plus de puissance de calcul à l’entraînement, il peut donc travailler des heures et accomplir des tâches de façon autonome. Les 3 milliards levés serviront eux aussi au calcul, précise-t-il.

D’après Le Figaro, Mistral assure déjà dépasser certains modèles chinois en n’utilisant que 2 % des ressources de certains concurrents, un chiffre qui vient du dirigeant. Côté mesure, Artificial Analysis attribue à ML4 un score de 38 sur son Intelligence Index et juge que la France retrouve le modèle le plus performant hors États-Unis et Chine, rapporte le Journal du Geek, pour qui ML4 compte parmi les meilleurs modèles ouverts. Aucune des sources lues ne compare ce score aux modèles américains : l’écart de quelques mois reste donc une estimation de Mistral.
Mathématiques et recherche fondamentale
Franceinfo replace ces propos dans un contexte précis : OpenAI a rendu public en quelques semaines un peu moins de 400 résultats nouveaux sur des problèmes ardus. Arthur Mensch prédit des progrès rapides de Mistral dans ce domaine. À ses yeux, dès que l’IA gagne en autonomie, on peut lui confier des problèmes de mathématiques, qu’elle commence à résoudre assez efficacement. Il juge ces capacités indispensables à toute la recherche fondamentale et s’attend à une accélération comparable en biologie et en physique. Le Journal du Geek rapporte qu’il a aussi cité l’industrie lourde et la défense des entreprises et de l’État contre les cyberattaques.
Souveraineté et crainte d’une concentration
Pour lui, l’Europe doit savoir fabriquer cette technologie, sinon elle devra l’importer, notamment des États-Unis. Il critique des sociétés comme OpenAI, qui gardent leur modèle chez elles et mènent leurs recherches sans associer la communauté. Le danger qu’il désigne est la concentration : deux ou trois groupes exporteraient une technologie dont dépend l’essentiel de la croissance, ce qui créerait une dépendance de l’Europe envers les États-Unis. Il pense aussi que les dépenses colossales poussent certaines entreprises à souhaiter peu de concurrence.
Extinction de l’humanité et littérature
Sur l’idée d’une IA qui détruirait l’humanité, il répond que que cela n’a pas de sens et que ce n’est pas le risque principal. Franceinfo rappelle une alerte venue cet été d’un ancien chercheur d’Anthropic, appuyée par un responsable de sûreté de la société qui chiffre ce risque à plus de 10 % sur la décennie. Le Figaro évoque 10 % et un chercheur de la société : les deux titres ne rapportent pas ce chiffre de la même façon.
Il a aussi réagi à la polémique visant le romancier Thélyson Orélien, soupçonné d’avoir utilisé l’IA et dont l’ouvrage C’était ça ou mourir a perdu sa place dans certains prix. Selon lui, interdire à la littérature de recourir à l’IA sera difficile, à condition de rester transparent. Chez Mistral, ajoute-t-il, produire sans signaler cet usage est proscrit.
Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : NOIRLab/NSF/AURA/T. Slovinský. Licence : CC BY 4.0.



