L’IA fait flamber la mémoire vive et plombe les ventes de smartphones

La mémoire vive a grimpé d’environ 350 % cette année, selon BFMTV. Pour les constructeurs, protéger leurs marges passe désormais avant le volume de ventes.

Antoine Chauvet Par Antoine Chauvet
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L’IA fait flamber la mémoire vive et plombe les ventes de smartphones
Photo d’illustration. Carte mère d’ordinateur ancienne vue de dessus, avec ses circuits intégrés, ses rangées de puces mémoire et ses connecteurs d’extension.

En bref

  • Les livraisons mondiales de smartphones ont reculé de 22 % au troisième trimestre 2026.
  • Le coût de la mémoire vive a bondi d’environ 350 % cette année, selon BFMTV.
  • Samsung et Apple résistent, tandis que Xiaomi, Oppo et Vivo perdent 20 % à 30 %.
  • Aucune baisse des prix n’est attendue avant 2028.

Le marché mondial du smartphone vient de subir son pire trimestre depuis 2012, et la cause n’est pas un désintérêt des acheteurs. Selon La Dépêche, c’est une pénurie de composants, provoquée par la course à l’intelligence artificielle, qui pèse sur l’offre.

22 %de baisse des ventes mondiales au troisième trimestre 2026, sur un an
255,3 millionsde smartphones vendus sur la période
17 %de recul prévu par IDC sur l’ensemble de l’année

Jamais, sur un trimestre, les ventes n’étaient tombées aussi bas depuis 2012. Le marché n’est pas mort pour autant, mais son modèle économique doit évoluer.

Une mémoire vive captée par les centres de données

Le problème vient de l’offre, pas de la demande. Le développement de l’IA et de ses centres de données entraîne des achats massifs de mémoire vive. Pour les fabricants de puces, ce marché est devenu plus rentable que celui des téléphones : ils réservent donc aux géants de l’IA l’essentiel de leur production disponible.

Les constructeurs de smartphones se partagent ce qui reste, à des tarifs élevés. Le coût de la mémoire vive a grimpé d’environ 350 % cette année, d’après BFMTV cité par La Dépêche. Ces composants peuvent représenter jusqu’aux deux tiers du prix d’un modèle d’entrée de gamme vendu moins de 100 euros.

Les constructeurs ont changé de priorité. Hier, l’industrie produisait en masse et poussait au renouvellement d’appareils toujours plus accessibles. Elle cherche désormais à protéger sa rentabilité plutôt qu’à vendre du volume. L’offre se concentre sur le haut de gamme, car les marges y sont plus larges que sur l’entrée et le milieu de gamme, et les modèles abordables se raréfient. Les marques positionnées sur ce segment se retrouvent coincées entre la hausse de leurs coûts et la préservation de leurs ventes, alors que la demande recule.

Samsung et Apple encaissent, les marques bon marché décrochent

La crise ne frappe pas tout le monde de la même façon, d’après les chiffres d’IDC. Les deux leaders reculent, mais bien moins que les challengers à bas prix.

Acteur Part de marché Évolution des ventes
Samsung 23 % −5,8 %
Apple 22 % −4 %
Xiaomi, Oppo, Vivo non communiquée −20 % à −30 %

La même logique joue entre continents. Selon un rapport de Counterpoint Research, l’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine souffrent davantage que l’Europe et l’Amérique du Nord, car leurs consommateurs achètent moins de haut de gamme.

Pas de détente des prix avant 2028

Les analyses ne prévoient aucune baisse des prix à court terme. Le calendrier avancé tient en trois étapes.

  1. Une plus grande stabilité est attendue sur le marché.
  2. L’équilibre entre offre et demande de mémoire vive ne devrait pas revenir avant cette échéance. La pression sur les coûts de fabrication pourrait alors s’atténuer et permettre un redémarrage des volumes mondiaux.
  3. Le prix des smartphones ne devrait pas baisser avant cette année.

Photo : Nicolas Foster / Pexels