Siemens veut automatiser 70 à 80 % de ses usines grâce à la technologie Nvidia
Une déclaration d’intention signée à Berlin vise des modèles d’IA nourris par les données industrielles allemandes, avec un réseau d’acteurs et du calcul.
En bref
- La déclaration d’intention a été signée lors du sommet « Invest in Germany », à Berlin.
- Nvidia annonce des participations dans quatre start-up allemandes.
- Siemens investit 500 millions d’euros dans son usine d’Erlangen.
- Le montant public du partenariat n’a pas été dévoilé.
L’Allemagne a annoncé lundi un partenariat avec Nvidia pour développer l’intelligence artificielle appliquée à l’industrie, par une déclaration d’intention signée à Berlin.
Le texte a été paraphé lors du sommet « Invest in Germany », organisé pour attirer les investisseurs étrangers. Selon un communiqué du gouvernement relayé par ZDNet, il prévoit des modèles d’IA industriels « de pointe », nourris par les données et le savoir-faire des entreprises allemandes.
Une annonce faite devant 200 dirigeants
L’annonce a ouvert un sommet réunissant quelque 200 dirigeants et investisseurs, en présence du chancelier Friedrich Merz et du patron de Nvidia, Jensen Huang. Le montant n’a pas été communiqué. Le quotidien économique Handelsblatt l’évalue à plusieurs centaines de millions d’euros. Le gouvernement prévoit notamment de louer de la puissance de calcul chez Deutsche Telekom.
Un réseau doit aussi voir le jour, associant responsables politiques, industriels, chercheurs et fédérations professionnelles. Il doit servir, selon Berlin, à ancrer l’IA industrielle dans des applications à grande échelle.
Le contexte économique pèse sur ce rapprochement : le pays traverse plusieurs années de faible croissance et une érosion de sa compétitivité industrielle. Friedrich Merz a déclaré que l’Allemagne était « ouverte aux investissements (…) et prête à connaître une croissance plus rapide ». Il a promis le plus grand programme de modernisation de son histoire récente.
Miser sur les usines plutôt que sur les modèles grand public
Les États-Unis dominent les grands modèles d’IA générative. Berlin choisit donc un autre terrain, celui des applications pour les usines, en s’appuyant sur l’automobile, la mécanique, la chimie et les équipements industriels.
Le chancelier a demandé aux entreprises, PME comprises, de partager davantage leurs données de production : « S’il vous plaît, ouvrez vos portes à l’IA pour utiliser vos données, c’est décisif pour l’avenir de l’Allemagne ». Ces modèles exigent en effet d’immenses volumes issus des chaînes de production.
Jensen Huang a de son côté affirmé que « chaque entreprise aura deux usines », l’une physique, l’autre numérique, et que « la prochaine vague d’IA est l’IA physique ». Selon lui, cette technologie viendrait augmenter l’expertise industrielle allemande plutôt que la remplacer. Le projet doit s’articuler autour de SOOFI, programme allemand de modèles ouverts dits souverains, avec les robots et les véhicules autonomes en ligne de mire. Des jumeaux numériques doivent être créés pour chaque usine physique, avec Siemens et Audi cités parmi les participants.
Les moyens et les acteurs engagés
| Acteur | Rôle ou engagement |
|---|---|
| Deutsche Telekom | Le gouvernement prévoit de lui louer de la puissance de calcul. |
| Nvidia | Prises de participation dans quatre start-up allemandes. |
| Siemens | Vise 70 à 80 % d’automatisation des usines, contre 30 à 40 % actuellement, avec la technologie Nvidia, selon Reuters. |
| Mercedes-Benz | Utilise logiciels et puces Nvidia pour ses plateformes de véhicules autonomes et de robotaxis. |
| Made for Germany | Groupe privé visant un potentiel de 4 100 milliards d’euros d’ici 2035, selon Reuters. |
Siemens veut faire de son usine d’Erlangen la vitrine de l’IA industrielle, par un usage intensif de jumeaux numériques. Ce partenariat s’ajoute à d’autres annonces de Nvidia en Europe, dont celles faites la semaine précédente à Paris, notamment dans Doctolib, Entalpic, Genesis AI et Pigment.
Photo : cottonbro studio / Pexels



