Sécurité

Missile nucléaire DF-5 : « On parle de 200 Hiroshima » alors que la Chine révèle sa puissance et sa portée intercontinentale inédite

Antoine Chauvet Par Antoine Chauvet
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Missile nucléaire DF-5 : « On parle de 200 Hiroshima » alors que la Chine révèle sa puissance et sa portée intercontinentale inédite
Illustration de la révélation des caractéristiques du missile balistique intercontinental chinois DF-5.
EN BREF
  • La Chine dévoile les caractéristiques du missile intercontinental DF-5, un geste inédit et stratégique.
  • Le DF-5 peut atteindre une distance de 12 000 kilomètres, couvrant ainsi l’ensemble des États-Unis et de l’Europe.
  • Avec une capacité de 3 à 4 mégatonnes, sa puissance équivaut à 200 fois celle de la bombe d’Hiroshima.
  • Ce dévoilement marque une nouvelle ère de transparence dans la stratégie de dissuasion nucléaire de la Chine.

La Chine, longtemps discrète sur son arsenal nucléaire, vient de briser le silence. Grâce à une révélation inattendue de la chaîne d’État CCTV, le monde découvre enfin les détails techniques d’un des missiles les plus redoutés de son arsenal : le DF-5. Ce missile balistique intercontinental à tête nucléaire, développé dans les années 1970, fait maintenant l’objet d’une attention renouvelée. Cette divulgation s’inscrit dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes, où chaque geste de Pékin est minutieusement analysé. Mais que signifie réellement cette soudaine transparence de la Chine sur sa force de frappe nucléaire ?

Un missile vieux de 40 ans mais toujours terrifiant

Le DF-5, également connu sous le nom de Dong Feng 5 ou « Vent d’Est », est loin d’être une nouveauté dans le domaine militaire. Ce missile a été officiellement déployé en 1981, mais ses caractéristiques techniques restaient jusqu’alors floues pour le grand public. CCTV a récemment révélé que le DF-5 est un missile à deux étages, basé en silo, capable de frapper à une distance impressionnante de 12 000 kilomètres. Cela place l’ensemble du territoire américain et européen à portée directe.

Ce qui frappe particulièrement, c’est la puissance de ce missile. Il peut transporter une ogive nucléaire de 3 à 4 mégatonnes, soit environ 200 fois la puissance de la bombe d’Hiroshima. À titre de comparaison, la majorité des armes nucléaires modernes ont une puissance inférieure à 500 kilotonnes. Cette capacité dévastatrice confère au DF-5 un rôle central dans la stratégie de dissuasion de la Chine.

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Pourquoi maintenant ? Une divulgation loin d’être anodine

La question se pose : pourquoi Pékin choisit-il de divulguer ces informations maintenant ? Les experts estiment que ce n’est pas un simple hasard. Cette transparence soudaine pourrait signaler une modernisation massive de la force de dissuasion nucléaire chinoise. En confirmant des chiffres que les analystes occidentaux ne faisaient qu’estimer, la Chine envoie un message clair à la communauté internationale.

Selon Song Zhongping, ancien instructeur militaire chinois, cette révélation pourrait précéder l’introduction de nouveaux missiles intercontinentaux encore plus avancés. Le message implicite est clair : si ce missile ancien est déjà terrifiant, que dire des futurs développements ? La Chine semble préparer le terrain pour une montée en puissance stratégique.

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Des missiles modernisés pour une dissuasion renforcée

Depuis son entrée en service, le DF-5 a subi plusieurs modernisations notables. La version DF-5B, par exemple, est désormais équipée de plusieurs ogives (MIRV), chacune pouvant viser une cible différente. Ce bond technologique place la Chine au même niveau que les États-Unis avec leurs missiles Minuteman III.

Parallèlement, la Chine investit dans des missiles mobiles tels que le DF-31 et le DF-41, qui sont plus difficiles à détecter et à intercepter. Ces missiles possèdent des capacités similaires, voire supérieures, et peuvent parcourir plus de 12 000 km avec plusieurs têtes nucléaires. C’est une stratégie claire pour renforcer la dissuasion et compliquer toute tentative de neutralisation préventive.

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Une montée en puissance rapide et assumée

Le Pentagone estime que la Chine possède actuellement plus de 600 ogives nucléaires, un chiffre qui pourrait doubler d’ici 2030. Pékin dispose également d’au moins 320 silos de missiles, dont beaucoup sont récemment modernisés. Cette dynamique contraste fortement avec l’image d’une Chine nucléaire passive.

En 2023, la Chine a effectué un test public d’ICBM, une première depuis plusieurs décennies. Bien que l’essai ait impliqué une ogive factice, il montre que la dissuasion nucléaire chinoise est désormais affichée avec assurance. Ces développements témoignent d’une stratégie de puissance assumée par Pékin sur la scène internationale.

La Chine continue d’affirmer sa doctrine de « non-premier emploi » en matière nucléaire. Cependant, la montée en puissance de ses capacités offensives pourrait-elle conduire à une révision de cette doctrine ? La compétition stratégique avec les États-Unis et la Russie s’intensifie, et la transparence soudaine de la Chine pourrait bien redéfinir les équilibres mondiaux. Comment la communauté internationale va-t-elle réagir à ces nouvelles réalités stratégiques ?

Cet article s’appuie sur des sources vérifiées et l’assistance de technologies éditoriales.
Antoine Chauvet

Informatique, logiciels et infrastructures

Antoine Chauvet

Antoine Chauvet a été administrateur de bases de données pendant quinze ans, d'abord chez un assureur puis dans une collectivité territoriale. Il couvre pour EDS.fr la donnée, le cloud et l'actualité des infrastructures informatiques. Il fait son pain le dimanche et en parle avec la même précision.