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Airbus se prépare à marquer une nouvelle page de l’aviation avec le développement du successeur de l’A320, qui est l’un des avions les plus vendus de l’histoire. Ce projet ambitieux, dont la mise en service est prévue vers 2037-2038, vise à transformer l’industrie aéronautique vers un modèle plus respectueux de l’environnement. Lors d’un événement à Toulouse, Airbus a dévoilé les principales orientations de ce programme stratégique, axé sur la réduction de la consommation de carburant et l’intégration d’innovations technologiques. Des moteurs révolutionnaires aux ailes repliables, chaque composant promet de contribuer à une aviation plus sobre et plus efficace.
Le cœur stratégique d’Airbus
La famille A320, qui domine le segment des avions monocouloirs depuis quatre décennies, est cruciale pour Airbus. En 2024, elle constituait 78 % des livraisons de l’avionneur, générant un chiffre d’affaires impressionnant de 50,6 milliards d’euros. Le développement du nouvel avion suit un calendrier précis avec des étapes clés : sélection du moteur en 2027, lancement officiel du programme vers 2030, et une entrée en service prévue pour la fin des années 2030. Ces jalons illustrent non seulement la maturité croissante du projet, mais aussi les défis considérables à relever dans un délai relativement court.
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Guillaume Faury, PDG d’Airbus, souligne l’importance d’une vision réaliste pour ce successeur de l’A320. Le nouvel avion devra combiner gains opérationnels, réduction des émissions et capacité d’évolution technologique, sans pour autant négliger les impératifs économiques du marché de masse.
Rupture technologique avec l’« open fan »
Le choix de la propulsion est un élément central du projet. Deux options se distinguent : poursuivre avec un turboréacteur classique ou opter pour une configuration « open fan », où les hélices sont visibles. Le démonstrateur CFM RISE, présenté en 2021, promet une réduction de 20 % de la consommation de carburant et une diminution du bruit. À ce jour, plus de 350 tests ont été effectués, totalisant 3 000 heures sur les turbines haute pression. Un modèle grandeur nature doit être testé au sol aux États-Unis en 2026, suivi de vols d’essai sur un A380 modifié d’ici la fin de la décennie.
Vers une hybridation énergétique
Outre la propulsion, Airbus vise une compatibilité totale avec le carburant d’aviation durable (SAF), contre 50 % actuellement. Les essais ont montré une combustion plus propre et un meilleur rendement énergétique. L’avionneur explore aussi l’hybridation électrique avec des batteries à électrolyte solide, moins matures mais prometteuses pour réduire la consommation de 5 % supplémentaires. Le démonstrateur EcoPulse, réalisé avec Safran et Daher, a validé une puissance électrique embarquée sans précédent, avec une batterie fournissant jusqu’à 350 kilowatts.
Repenser l’architecture de l’avion
Airbus développe des ailes plus longues et fines, construites en matériaux composites. Ces ailes adaptatives pourront changer de forme en vol pour optimiser la portance, et se replier au sol pour limiter l’envergure. Les composites thermoplastiques, plus simples à produire, permettront de s’affranchir des autoclaves, facilitant une production à grande échelle. En outre, le futur successeur de l’A320 intégrera un logiciel centralisé pour la gestion de l’énergie et la maintenance prédictive, garantissant une intégration fluide des innovations futures.
Les défis industriels à surmonter
Malgré sa position dominante, Airbus fait face à des défis de production. En 2024, la cadence de production de l’A320neo atteignait 40 avions par mois, loin de l’objectif de 50, avec des retards dus à des pénuries de moteurs. Le projet ZEROe, visant un avion à hydrogène pour 2035, a été reporté à 2040 à cause de la lenteur des progrès sur l’hydrogène vert. En mars 2025, Airbus a présenté un concept d’avion régional à moteurs électriques, avec des tests au sol prévus pour 2027.
Le développement du successeur de l’A320 représente une transformation industrielle majeure, marquée par des innovations technologiques audacieuses. Cette nouvelle génération d’avions pourrait-elle amorcer une ère de l’aviation commerciale plus durable et respectueuse de l’environnement ?



