La France installe moins de robots pendant que la Chine en absorbe six sur dix

Avec 4 500 robots posés l’an passé, l’industrie française recule pendant que la Chine absorbe l’essentiel des nouvelles machines dans les usines du monde.

Élise Vandamme Par Élise Vandamme
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La France installe moins de robots pendant que la Chine en absorbe six sur dix
Un bras robotisé bleu équipé d’une ventouse pneumatique, présenté à côté d’emballages colorés. Photo d’illustration.

En bref

  • Le Figaro a publié le 14 octobre 2026 une enquête sur l’attentisme des industriels français face aux robots.
  • Le parc mondial de robots en usine a progressé de 9 % sur un an, selon la Fédération internationale de la robotique.
  • Les installations françaises ont reculé de 8 % l’an passé, loin derrière l’Allemagne.
  • L’IA, la vision par ordinateur et une programmation simplifiée font baisser les coûts de déploiement.

Les usines françaises ne décrochent pas encore, mais leurs dirigeants regardent passer le train. C’est la thèse que défend Le Figaro dans une enquête parue le mercredi 14 octobre 2026 : le pays n’affiche pas de retard flagrant dans ses ateliers, pourtant les patrons d’industrie ont du mal à s’approprier les avancées techniques du moment. Le quotidien y voit un enjeu vital, au moment où Pékin redouble d’efforts dans ce domaine.

Un retard qui ne se voit pas encore

Le paradoxe tient en peu de mots. Sur le terrain, l’appareil productif français tient son rang ; dans les têtes, l’élan manque. Le journal situe ce décalage dans un contexte précis : la robotique aborde une rupture, portée par l’arrivée des humanoïdes et d’une nouvelle génération de machines industrielles nourries à l’intelligence artificielle. Dans ce mouvement, écrit Le Figaro, la France pourrait laisser filer la vague.

La formule « question de survie » choisie par le quotidien ne vise pas un risque abstrait. Elle renvoie directement à la concurrence chinoise, qui fait de la robotique un chantier prioritaire. L’attentisme français devient alors inquiétant non par ce qu’il coûte aujourd’hui, mais par l’écart qu’il laisse se creuser pendant que d’autres investissent.

Ce que disent les chiffres de la robotique mondiale

Les données compilées fin septembre par la Fédération internationale de la robotique donnent la mesure de cet écart.

5 millionsrobots en activité dans les usines du monde
60 %part de la Chine dans les robots installés l’an passé
4 500robots mis en service en France sur la même période

Rapportés l’un à l’autre, ces repères parlent d’eux-mêmes. Sur les quelque 600 000 nouvelles machines déployées dans le monde l’an dernier, la Chine en a accueilli six sur dix et mène nettement la course. La France, elle, pèse moins d’un pour cent de ce volume, et son rythme ralentit au lieu d’accélérer, tandis que l’Allemagne la devance largement.

Indicateur Évolution sur un an
Parc mondial de robots en usine en hausse de 9 %
Installations en France en baisse de 8 %

Le contraste est là : le monde équipe ses chaînes plus vite, la France moins vite. La croissance mondiale, précise l’organisation, tient pour une large part aux nouvelles aptitudes des robots eux-mêmes.

Des machines plus capables et moins chères à intégrer

C’est sans doute le point qui rend l’hésitation française la plus coûteuse. La robotique d’aujourd’hui n’est plus celle des bras programmés pour une seule tâche répétitive. La Fédération internationale de la robotique décrit une double évolution, technique et économique :

« Les progrès de l’intelligence artificielle, de la vision par ordinateur et des technologies de détection élargissent les capacités des robots, tandis que la simplification de leur programmation et de leur intégration aux systèmes existants réduit les coûts de déploiement »

Fédération internationale de la robotique

Autrement dit, les deux freins classiques à l’automatisation se desserrent en même temps. Les robots savent percevoir leur environnement et s’adapter à davantage de situations, et leur mise en route dans une usine existante demande moins d’efforts d’ingénierie. Pour un industriel, l’argument du coût d’entrée, longtemps central, perd de son poids. C’est précisément dans cette fenêtre que Le Figaro observe le manque d’appétit des dirigeants français, qui reculent alors que la barrière s’abaisse.

Ce mouvement se lit aussi dans les vitrines chinoises, comme lors du salon de la robotique à Pékin, où les fabricants du pays ont montré leurs progrès. L’enquête du Figaro, dont l’essentiel est réservé aux abonnés, porte en titre une phrase qui résume son diagnostic sur les patrons français : « Étrangement, ils ne se sentent pas concernés ».

Photo : Freek Wolsink / Pexels